Des histoires inspirantes
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Comment un enseignant dévoué change la vie de ses élèves grâce à son engagement profond envers l’inclusion et le mieux-être.

À titre d’enseignant d’éducation physique passionné, Rhéal Hébert a profondément à cœur de répondre aux besoins de chacun de ses élèves. Quand il a constaté que ses élèves n’avaient accès qu’à un nombre limité de sports et qu’ils manquaient l’équipement qu’il leur fallait pour participer pleinement, il a décidé de passer à l’action.

« J’ai été inspiré par une de mes élèves, qui est l’une des meilleures athlètes à qui il m’a été donné d’enseigner. On jouait au volleyball durant un cours d’éducation physique un jour et je la regardais jouer en me disant ‘Elle pourrait faire partie d’Équipe NB, elle est bonne à ce point-là!’ Mais un des défis ici est que nous sommes une petite école alors même si j’avais des enfants qui voulaient jouer au volleyball, je ne pourrais pas mettre sur pied un équipe sur laquelle elle pourrait jouer, » se souvient Rhéal. « En tant que prof d’éducation physique, je sentais que j’étais en train de passer à côté de quelque chose. Je sais que j’ai des élèves qui veulent jouer, je sais que j’ai de bons athlètes, mais je ne peux les aider à atteindre leur potentiel. C’est de là qu’est venue l’idée d’un programme parascolaire. Je voulais qu’aucun autre enfant ne tombe entre les craques comme ça. »

Avec le formidable soutien de son conseil scolaire, Rhéal a mobilisé sa communauté, ses collègues et plusieurs commanditaires en vue de mettre sur pied un projet novateur. C’est comme ça qu’est né Bon départ Sports Plus! Ce programme parascolaire fait appel à des spécialistes de la communauté, qui apprennent aux enfants de nouvelles disciplines sportives tout au long de l’année, en sessions de huit semaines. Elles sont organisées sous forme de cliniques, alors les enfants peuvent jouer et pratiquer des techniques sans avoir besoin de faire partie d’une équipe scolaire officielle. « On trouve les meilleurs spécialiste possible et on change de disciplines régulièrement pour que les élèves fassent l’expérience de spots auxquels ils n’auraient pas accès autrement. » Le programme est aussi organisé autour d’un horaire qui convient bien à la plupart des familles. Le programme débute par une heure de supervision structurée (récréation, collation et devoirs) et passent ensuite au volet sport. Quand les enfants terminent leur journée, la plupart des parents ont fini leur journée de travail et peuvent passer chercher leur enfant.

Rhéal s’emploie à veiller à ce que tout le monde puisse participer, quels que soient les moyens financiers de leurs parents, et que tous les élèves soient inclus, quel que soit leur niveau de compétence. « Mais là…mettez-vous à ma place : je suis un prof d’éducation physique. J’ai mis sur pied un programme pour que mes élèves soient plus actifs et ça a du succès. Mais je regarde autour et je peux voir deux de mes élèves, atteintes de dystrophie musculaire et se déplaçant en chaise roulante, qui doivent regarder les autres jouer et s’amuser alors que l’assistante d’enseignement pousse leur chaise à droite, à gauche. Je sentais que j’étais encore en train de passer à côté de quelque chose, » raconte Rhéal. Ainsi, avec le même dévouement inlassable, Rhéal a réuni des fonds pour leur procurer des chaises roulantes multisports et des luges afin que les deux jeunes filles puissent participer, elles aussi. De plus, il a transformé ce défi en une expérience d’apprentissage pour tous les élèves en approchant l’organisme Para Nouveau-Brunswick pour emprunter suffisamment d’équipement pour que tout le groupe puisse faire l’essai de parasports. Rhéal a remarqué que cela a aidé les élèves à comprendre la réalité de leurs camarades et a favorisé l’inclusion. Au bout d’un certain temps, les parasports étaient devenus tellement populaires qu’il y a à présent un volet complet de Bon départ Sports Plus dédié aux parasports.

Au fil du temps, le mot a commencé à se passer au sujet du programme. Des parents de deux autres écoles dont les enfants vivaient eux aussi avec un handicap ont approché Rhéal afin d’instaurer le programme ainsi que son volet parasports dans les écoles de leurs enfants. Rhéal savait que ce serait difficile d’avoir assez d’équipement disponible pour fournir un programme de parasports dans trois écoles à la fois mais il avait pu constater tout le bien que ça avait apporté à ses deux élèves. L’une en particulier avait toujours été timide et réservée, mais l’année suivante, elle avait beaucoup développé sa confiance en soi et elle avait même été élue présidente d’école. Alors Rhéal a rassemblé un groupe de sympathisants passionnés et ils se sont inscrits à un concours national qui leur aurait procuré les fonds nécessaires pour acheter autant d’équipement qu’il fallait. Bien que Bon départ Sports Plus s’est rendu en finale de la compétition et que l’équipe de Rhéal avait réussi à mobiliser beaucoup d’attention médiatique autour de leur initiative, ils n’ont pas remporter le grand prix. « Quand j’ai entendu la nouvelle j’étais assis à côté de mon épouse, complètement démoralisé, quand elle a dit ‘Bon, on fait quoi maintenant?’ Je l’ai regardée en disant ‘Qu’est-ce que tu veux dire, on fait quoi…? On a perdu!’ Elle m’a dit ‘Je te connais Rhéal. Tu ne t’arrêteras pas là. Alors dis-moi, on fait quoi ensuite?’ J’ai souri et dit ‘Merci, j’avais besoin de ça’. »

Avec l’aide de son groupe, ils ont mobilisé toute la région en une gigantesque levée de fonds. Ils visaient à amasser 50 000$ en 50 jours, en couronnant le tout d’une course à relais de 50 km. Ils ont amassé pas moins de 62 000$! À l’automne 2015, le groupe a dévoilé leur nouvel équipement : 18 chaises roulantes multisports, 10 luges et 4 vélos à main. « Les gens sont beaucoup plus sensibilisés aux parasports maintenant, » remarque Rhéal. « Les élèves de l’école Louis-J.-Robichaud de Shédiac ont même organisé leur propre tournoi de hockey-luge. »

Bon départ Sports Plus a connu un franc succès — l’ensemble de la communauté y participe et huit écoles l’ont déjà adopté! « Ça n’aurait pu être possible sans tous les partenariats qu’on a établi, » explique Rhéal. « Je remercie tous ceux qui ont levé la main et appuyé le programme. »

L’engagement de Rhéal envers la participation et l’inclusion a, à ce jour, enrichi la vie de plus de 1000 élèves – un nombre grandissant. Son travail acharné a été reconnu à l’échelle régionale et nationale. Rhéal a été nommé Enseignant de l’année par l’Association des enseignantes et des enseignants francophones du Nouveau-Brunswick (AEFNB) pour l’année 2014-2015 et a aussi reçu le Prix d’Excellence en enseignement du ministère de l’Éducation et Développement de la petite enfance. De plus, Capacité Nouveau-Brunswick lui a accordé son prix Para NB — Sport et loisirs. Il a même reçu une reconnaissance nationale grâce au Prix national de l’inclusion scolaire. Le journal provincial L’Étoile l’a aussi déclaré Personnalité de l’année en 2015.

Malgré tous ces honneurs, Rhéal demeure modeste. « On ne devient pas enseignant pour la reconnaissance, mais c’est sûr que c’est encourageant de voir son travail être reconnu. » Pour lui, la meilleure récompense est de voir nombre de ses élèves faire plus d’exercice et avoir accès à une variété de sports et d’activités qu’ils n’auraient peut-être jamais eu l’occasion d’essayer. C’est l’esprit sportif à son meilleur : explorer le potentiel de chacun tout en rassemblant tous les participants. Pour Rhéal, c’est un exemple parfait d’une situation où tout le monde y gagne!


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